Un Hiver aux urgences - Sylvain Calvès
Des portes vitrées automatiques qui ne se referment jamais vraiment. Dehors, on devine qu’il fait froid. A
l’intérieur, des visages qui défilent sans fin derrière l’hygiaphone.
Paroles parfois volubiles, mais aussi mots manquants, ou encore langues
inconnues. Dans
la salle d’attente, des patients comme parqués, en surnombre. Des
brancards qui assiègent les lieux. Deux chaises que l’on rapproche pour
réaliser un lit de fortune. Des marques de fatigue accentuées par la
crudité de l'éclairage au néon. Des blessures corporelles et apparentes, d’autres qui semblent plus intérieures. Un peu de sang et quelques fluides. Des effluves que l’on devine.
Une proximité parfois mal vécue. Parfois des cris, des emportements, de la colère. Parfois juste des corps endormis. Des blouses blanches que l’on enfile, des cernes que l’on tente d’effacer en vain. Il est temps de monter au front. Comme hier. Comme demain. La nuit ne fait que commencer.
L’hiver sera long.
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