Un Roumain arrive chez une analyste qu'un ami lui a conseillée. Il la voit chaque semaine, lui parle, mais très vite se renseigne sur elle : elle est écrivain, elle habite une maison en bois au fond du parc d'un asile. Au bout d'un an, il rassemble ses forces, il lui dit qu'il en a marre de lui parler de ses problèmes, que ça l'emmerde. Il veut faire un film sur sa parole, à elle. Dans ce portrait de Marie Dépussé, écrivain et psychanalyste, l'indistinction entre les malades et le personnel, une des caractéristiques du mouvement thérapeutique mis en place à la clinique psychiatrique de la Borde, est le motif de mise en scène. La parole qui circule entre Marie et ses anciens patients nous perd régulièrement, parfois précise et informative, parfois poétique et transcendante : est-elle toujours leur thérapeute ? Est-elle leur amie ? Sont-ils toujours en institution ? Avons-nous vraiment besoin de le savoir ? Marie est sur le fil : femme sans âge, aux désirs insaisissables, à l’univers indéfinissable. Et dans l’objectif de Stefan Mihalachi, l’image en clair-obscur la rend magnétique et le cadre flottant, fantomatique.

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