Dans un quartier de Strasbourg, qui s'appelle Hautepierre mais qu'on devrait plutôt nommé Hautbéton, Claude Roubert et Frédérique de March, deux enseignantes de l'école maternelle Jacqueline, ont fait le pari de modifier l'espace même de leur école en créant un petit jardin sauvage. Avec enthousiasme, elles modifient l'espace et, par là-même, le temps de l'école. Le dehors n'est plus une cour de récréation bitumée mais fait partie du travail avec les enfants, autant que la salle de classe. C'est comme un mur qu'on abolit, la vue devient plus large. Pour les petits citadins, la terre, la boue, les plantes, les cailloux redeviennent objets naturels, de ceux qu'on ne possède pas mais avec qui on entretient une relation concrète. Alors parler, compter, acquérir des savoirs, vivre avec les autres deviennent des expériences actives, attentives. Ce sont les découvertes des enfants, leurs expérimentations et interactions avec la nature, leurs instants de solitude et d'observation du monde environnant, leurs plaisirs, leurs succès, mais aussi leurs difficultés, que nous suivrons tout au long du film. C'est aussi une communauté qui se construit sous nos yeux, leurs moments de jeux collectifs, et, bien sûr, leurs relations aux enseignantes. Il y aura sans doute des moments cocasses et attendrissants, et forcément des moments plus difficiles quand l'enfant essaie de comprendre, d'apprendre, qu'il est dans l'effort. "Les enfants du dehors" est un film en immersion dans le microcosme de cette école du dehors, où la cinéaste écoute, filme la leçon des choses en observatrice patiente. Rien à démontrer, tout à regarder, en empathie avec le hasard, la vérité profonde du sauvage qui, depuis les grottes de Lascaux, a amené l'homme aux représentations, aux symboles, à l'abstrait.

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